Nous, parents, ne serions plus les premiers éducateurs de nos enfants ?

COMMUNIQUE DE PRESSE de l’association Choisir d’Instruire Son Enfant

Proposition de loi n°245 (2013-2014) visant à limiter la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d’incapacité.

Nous, parents, ne serions plus les premiers éducateurs de nos enfants ?

Depuis que l’Éducation nationale a remplacé l’Instruction publique, la priorité de l’école n’est plus d’instruire nos enfants mais de les éduquer. Ce projet de loi s’appuie sur le fait que l’Etat ne considère plus l’école comme un lieu d’instruction mais comme un lieu de vie, incontournable pour la socialisation des enfants. Aucun enfant ne doit y échapper ! Surtout pas les 3000 enfants instruits aujourd’hui en famille en toute légalité.

Alors que les accusations se multiplient contre les parents qui, paraît-il, démissionneraient de leur rôle éducatif, voilà que ceux qui choisissent de l’assumer pleinement, et donc de les instruire, sont accusés, dans le préambule de ce projet, de faire ce choix dans le but volontaire de les désocialiser. L’institution scolaire, nous dit-on, détiendrait le privilège d’une socialisation efficace !

L’instruction en France est obligatoire depuis 130 ans. Depuis toujours, la plupart des enfants dans le monde sont éduqués au sein de leur famille et se socialisent parfaitement. La famille a-t-elle soudain perdu toute compétence à assumer ce rôle ? En quoi L’école de la République offre-t-elle un cadre plus propice à la socialisation ? Une alternative à l’enfermement ? Aux déterminismes ? Alors que la violence, la souffrance et l’échec y sont grandissants, pourquoi la rendre obligatoire ? L’instruction hors école n’est-elle pas suffisamment encadrée ?

Monsieur Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, a déjà déclaré dans une lettre adressée aux recteurs le 4 janvier 2013 : « Il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes : familial, ethnique, social, intellectuel».

Or, nous sommes, nous parents, les premiers éducateurs de nos enfants et nous le resterons.

Le rôle d’un Etat démocratique n’est PAS d’éduquer nos enfants contre notre gré, privilège des régimes totalitaires.

Le rôle d’un Etat démocratique est de protéger nos libertés individuelles. Troublons-nous l’ordre public pour être contraints de la sorte ?

Ce projet de loi viole tout simplement le principe constitutionnel de liberté d’enseignement, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, article 23-6 qui spécifie : « Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. », ainsi que le Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales de 1952 (annexe 1).
La République française n’est-elle pas fondée sur les droits de l’Homme ?

Nous demandons fermement le retrait de ce projet de loi qui porte atteinte à l’une de nos liberté fondamentale : éduquer nous-mêmes nos enfants si tel est notre choix.

Source : cise.fr