Archives pour la catégorie L’IEF dans les Médias

Une idée folle par Valérie Marco

Jeudi 11 septembre 2014  – Direct Matin Montpellier Plus

Au moins Emmanuel et Marianne auront-ils épargné à leur petite Éliane 12 ans au compteur, une bonne dizaine de rentrées chargées de ces sanglots longs et communicatifs, auxquels les parents eux-mêmes n’échappent pas, une fois l’enfant ‘déposé’, la mort dans l’âme. « L’instruction en famille a commencé dès la maternelle. Notre fille n’y est donc pas allée, mais au regard de la loi, c’était à partir de ses six ans, âge auquel l’instruction est obligatoire, commence Marianne. Un choix qui est venu de nous trois ».

Dans cette famille, on a fait le choix du unschooling, plus radical que le homeschooling, ce dernier s’apparentant davantage à un cours particulier. On part du fait que l’enfant a les capacités de s’instruire seul, qu’il sait ce dont il a besoin. On peut y déceler une négation, un rejet de l’école et de toute forme d’enseignement suivant les normes en vigueur. Pas sûr.
Éliane apprendra partout, au gré de ses expériences. Ici, c’est d’abord un état d’esprit, « une autre façon d’aborder l’instruction. Il nous semble clair que l’État utilise son rôle de protection et d’éducation pour uniformiser la population. Et cela leur apparaît très dommageable. Faire de ce petit monde malléable, le creuset de la pensée unique, c’est même révoltant ».

LES MATHS GRÂCE À L’ARGENT DE POCHE

Placée au cœur de son apprentissage, la petite appréhende le monde comme elle l’entend. « Il n’y avait pas de leçons au sens propre, par exemple, elle a appris à compter avec l’argent de poche, se questionnant, posant des questions ». La petite entreprise éducative ne connaît plus la crise, on prend plaisir à découvrir un monde riche d’enseignements, dans une approche positive. « Pour la lecture, elle a commencé à s’y intéresser à 9 ans. Elle regardait les panneaux, nous demandait ce qu’ils voulaient dire ».
La soif d’apprendre grandissant avec elle, « son père l’a aidée par une leçon du soir ». Une journée type démarre par le jeu, puis écouter une histoire, l’inventer, accueillir ou aller chez une amie, voir des films et des documentaires (merci C’est pas sorcier !), construire des objets, des bijoux, dessiner… Un vrai TAP à temps plein tant il est clair que Marianne ne tient pas à devenir « la maîtresse d’école de son enfant ». Mais elle se souvient si bien du plaisir qu’elle avait ressenti d’étudier en fac, en DEA. De ce qu’elle retire de ses lectures des Libres enfants de Summerhill, ou d’Une société sans école. Elle se souvient moins par contre de ce qui reste du socle commun qu’enfant, elle a aussi ingurgité. « Je me suis dit qu’elle pouvait retenir les notions qui lui plaisent, comme moi finalement, mais avec plus de plaisir et de liberté en le vivant ».
On est à mille lieues de l’abandon éducatif « sous couvert de belles idées ». Guidés plus par leur bon sens que par un idéal, les années se suivent, sans jamais se ressembler. L’essentiel de l’apprentissage repose sur des questions auxquelles il faut répondre de manière impromptue. Nul besoin d’avoir fait l’IUFM, « dictionnaire et internet sont précieux ». Plus motivé que savant, « être un parent curieux et aidant est bien plus efficace qu’un donneur de leçon qui se pose en juge ». C’est dit. Mais le temps aussi, fait bien quelque chose à l’affaire. Si Marianne exerce une activité professionnelle à temps réduit, qu’elle ne souhaite pas dévoiler, « je trouve énervant toutes ces références de profession qui permettent de classer les gens », Emmanuel -osons lui coller une étiquette- est un papa à la maison. De sorties-découvertes en lectures, en apprentissage du recyclage par le jeu même, les remises en questions affluent et c’est plutôt bon signe. « Parfois, je me demandais comment guider, si ne pas la pousser plus dans la lecture n’était pas une forme d’abandon. Alors j’ai écrit des histoires, je lui faisais la lecture et à un moment, la lecture l’a intéressée et elle s’est mise à lire très vite ! »


SI C’ÉTAIT À REFAIRE, JE SERAIS ENCORE PLUS CONFIANTE

À 7 ans, à sa demande, Éliane tente l’école. Bof. Retour à la case maison. Plus tard, elle choisit d’entrer en sixième et décide d’y rester, « cela s’est bien passé et elle continue en cinquième à Clémence Royer ». Mais ce qui importe, c’est qu’Eliane conserve le goût de la découverte, « d’être là où elle est, et de faire avec. La donne change, il faut s’adapter aux horaires, aux devoirs, maisc’est son désir, alors elle se lève aisément pour y aller et gère seule ses devoirs ».
Sa sixième passe comme une lettre à la poste, « elle sait qu’elle peut quitter le collège à tout moment si ça ne va pas ». Le parcours pas si solitaire de cette famille est plein de bons souvenirs. « Ce qui continue de me marquer, c’est la relation de confiance, non stressée avec elle », indique son père. Si c’était à refaire pour Marianne, « je serais encore plus confiante ». Un jour enfin, Eliane« m’a lu une histoire ». C’est mieux qu’une mission accomplie, c’est du bonheur… en toutes lettres.

 

 

Revue de presse autour de la sortie du film ETRE ET DEVENIR

Film de Clara Bellar

www.etreetdevenir.com

https://www.facebook.com/BeingandBecomingFilm

« Etre et devenir est une clef qui autorise la sortie d’un système social construit sur la peur, une clef qui permet de regarder la vie autrement pour et avec nos enfants, mais aussi pour nous mêmes. Ce film a apporté de façon fulgurante des réponses à mon propre enfant intérieur qui s’épuise, comme tout un chacun, depuis trop longtemps à composer sa survie sans oser sa vie. Ce film, à travers le témoignage libérateur de ces familles pionnières du « devenir soi », est un hymne à la nécessité interne.”
– Isabelle Adjani –

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28/05/2014 – L’EXPRESS

« Il est troublant car déstabilisant. »

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28/05/2014 –  PARENTS.FR

Le film de Clara Bellar ne porte pas sur « l’école à la maison » mais sur l’apprentissage autonome. Et c’est passionnant.

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 28/05/2014 – LA MUSE PARIS 

Sortie le mercredi 28 mai. A voir absolument, au Saint-André des Arts à 13h. Est-on obligé d’envoyer les enfants à l’école ou de pratiquer l’enseignement à la maison, en suivant les programmes ? 

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27/05/2014 – LEPOINT.FR

Ces familles qui font l’école buissonnière

En France, l’école n’est pas obligatoire. Certains parents choisissent d’instruire eux-mêmes leurs enfants. Un film retrace leur quotidien hors du commun.

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27/05/2014 – LEMONDE.FR « Etre et devenir » : quand les enfants ne vont pas à l’école

Pour lire l’article en entier, taper le titre ci-dessus en entier dans votre moteur de recherche et vous tomberez sur le lien qui vous offre une lecture intégrale de l’article PORTAIL-IEF-2 Du 26 au 29 mai 2014 – FRANCE INTER UN TEMPS DE PAUCHON 15h53

Pour écouter en podcast

Etre et devenir de Clara Bellart  propose sous la forme d’un documentaire, des récits d’expériences et des rencontres qui explorent le choix de ne pas scolariser ses enfants, de leur faire confiance et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne. Le chemin de découverte de la réalisatrice nous emmène à travers quatre pays, les Etats-Unis, l’Allemagne (où il est illégal de ne pas aller l’école), la France et l’Angleterre. Ce film est une quête de vérité sur le désir inné d’apprendre.

Cette particularité des apprentissages autonomes explique la rareté des recherches et des ouvrages. La plupart des informations et des auteurs sur le sujet sont essentiellement anglophones. En France, les apprentissages informels restent encore très marginaux dans le milieu éducatif.

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26/05/2014 – RFI – 7 MILLIARDS DE VOISINS

1. Moi, je ne vais pas à l’école ! L’école à la maison
2. Moi, je ne vais pas à l’école ! L’école à la maison

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 26/05/2014 – LEJOURNALDESFEMMES.FR Etre & Devenir : un film qui donne envie de réaliser ses rêves

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26/05/2014 – VERSION FEMINA

Etre et devenir : un documentaire à voir absolument !

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En kiosque, le magazine FEMME ACTUELLE de cette semaine consacre un article sur l’IEF dans le cadre de la sortie du film ETRE ET DEVENIR le 28 mai.
Ces parents refusent de scolariser leurs enfants, comment les éduquent-ils ?
par Sophie Djouder

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26/05/2014 – FRANCE 5 – Émission LES MATERNELLES

L’invité du jour
Clara Bellar, réalisatrice du film « Etre et Devenir », sortie en salles le mercredi 28 mai

ALPHABET

FILMS sur le thème de l’éducation

La Croix – ALPHABET, un film qui interroge l’école.

Le réalisateur autrichien Erwin Wagenhofer offre une plongée saisissante dans plusieurs systèmes scolaires.

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ETRE ET DEVENIR

Le documentaire Etre et Devenir aborde le thème de la confiance en l’enfant et son développement, et propose de questionner les apprentissages et les choix possibles. La réalisatrice nous emporte dans un voyage en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et en Allemagne (où il est illégal de ne pas aller à l’école), à la rencontre de parents qui ont choisi de ne pas scolariser leurs enfants, ni à l’école ni à la maison, et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne. C’est une quête de vérité sur le désir inné d’apprendre, qui s’inscrit dans un thème plus large que celui de l’éducation, lié au changement de nos croyances et à l’évolution de notre société, et à l’importance de se réapproprier sa vie et sa confiance en soi.

Pour voir le film près de chez vous :

Où voir le film près de chez vous ?
Etre et Devenir en Allemagne : Revue de presse
Revue de presse autour de la sortie du film ETRE ET DEVENIR
DVD – Souscription ouverte

Nous, parents, ne serions plus les premiers éducateurs de nos enfants ?

COMMUNIQUE DE PRESSE de l’association Choisir d’Instruire Son Enfant

Proposition de loi n°245 (2013-2014) visant à limiter la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d’incapacité.

Nous, parents, ne serions plus les premiers éducateurs de nos enfants ?

Depuis que l’Éducation nationale a remplacé l’Instruction publique, la priorité de l’école n’est plus d’instruire nos enfants mais de les éduquer. Ce projet de loi s’appuie sur le fait que l’Etat ne considère plus l’école comme un lieu d’instruction mais comme un lieu de vie, incontournable pour la socialisation des enfants. Aucun enfant ne doit y échapper ! Surtout pas les 3000 enfants instruits aujourd’hui en famille en toute légalité.

Alors que les accusations se multiplient contre les parents qui, paraît-il, démissionneraient de leur rôle éducatif, voilà que ceux qui choisissent de l’assumer pleinement, et donc de les instruire, sont accusés, dans le préambule de ce projet, de faire ce choix dans le but volontaire de les désocialiser. L’institution scolaire, nous dit-on, détiendrait le privilège d’une socialisation efficace !

L’instruction en France est obligatoire depuis 130 ans. Depuis toujours, la plupart des enfants dans le monde sont éduqués au sein de leur famille et se socialisent parfaitement. La famille a-t-elle soudain perdu toute compétence à assumer ce rôle ? En quoi L’école de la République offre-t-elle un cadre plus propice à la socialisation ? Une alternative à l’enfermement ? Aux déterminismes ? Alors que la violence, la souffrance et l’échec y sont grandissants, pourquoi la rendre obligatoire ? L’instruction hors école n’est-elle pas suffisamment encadrée ?

Monsieur Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, a déjà déclaré dans une lettre adressée aux recteurs le 4 janvier 2013 : « Il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes : familial, ethnique, social, intellectuel».

Or, nous sommes, nous parents, les premiers éducateurs de nos enfants et nous le resterons.

Le rôle d’un Etat démocratique n’est PAS d’éduquer nos enfants contre notre gré, privilège des régimes totalitaires.

Le rôle d’un Etat démocratique est de protéger nos libertés individuelles. Troublons-nous l’ordre public pour être contraints de la sorte ?

Ce projet de loi viole tout simplement le principe constitutionnel de liberté d’enseignement, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, article 23-6 qui spécifie : « Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. », ainsi que le Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales de 1952 (annexe 1).
La République française n’est-elle pas fondée sur les droits de l’Homme ?

Nous demandons fermement le retrait de ce projet de loi qui porte atteinte à l’une de nos liberté fondamentale : éduquer nous-mêmes nos enfants si tel est notre choix.

Source : cise.fr

Homeschooling (Instruction en famille) : de la nécessité de connaître et d’utiliser la loi de votre État

Texte américain de Patrick Farenga, traduit par d’Estelle Benadjaoud avec l’autorisation de Patrick Farenga, copyright 2013.

Avec tous nos remerciements (Le Portail de l’IEF)

Au risque de passer pour un vieux rabat-joie en écrivant ce qui suit, je pense que les homeschoolers (les enfants instruits en famille) d’aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux que j’ai connus lorsque j’ai commencé à travailler dans le milieu du homeschooling en 1981. Les écoles élémentaires sont dorénavant plus à l’aise avec l’idée qu’un homeschooler puisse intégrer ou quitter leur établissement, le nombre de programmes d’enseignement du secondaire et de centres de formation dédiés aux adolescents instruits à domicile est en augmentation et les universités ont pris conscience de l’existence des homeschoolers et sont plus tolérants que jamais envers eux. Internet a permis l’accès à toutes sortes de supports qui privilégient les apprentissages autonomes en dehors de l’école conventionnelle : l’enseignement à distance, l’accès en ligne à des manuels et à des livres, beaucoup de ressources pédagogiques gratuites, etc. C’est dur d’imaginer aujourd’hui qu’en 1981, lorsque je mentionnais mon travail pour une publication sur le homeschooling, j’avais droit à l’éternelle question « Mais, n’est-ce pas illégal ? »

En effet, les premières publications de « Growing without Schooling » contiennent de nombreux témoignages sur des écoles et des homeschoolers en procès au niveau local ou celui de l’État et, dans les années 80, au niveau national. Mais il semble qu’aujourd’hui le homeschooling soit une affaire classée sur le plan légal et les familles peuvent à présent facilement instruire à domicile dans le respect de la législation en vigueur dans leur État. Cependant, toutes les lois et réglementations sont susceptibles d’être modifiées. La situation concernant l’instruction en famille est particulièrement mouvante et les homeschoolers d’aujourd’hui risquent de perdre les libertés durement acquises pour pouvoir bénéficier d’un accès aux programmes, aux fonds et à la conformité scolaires.

Le premier point important est de bien connaître les lois et réglementations locales ou relevant de votre État. Faire l’effort de vérifier les droits et les obligations des homeschoolers et d’apprendre à consulter une bibliothèque juridique ou un site de documents officiels en vaut la peine, pas seulement pour vous assurer d’avoir les bonnes informations mais également pour montrer l’exemple d’un citoyen qui participe au gouvernement. En vous contentant d’un résumé d’informations posté en ligne ou d’une analyse juridique sur vos droits au homeschooling (ou l’absence de droits) qui ne reprennent pas la formulation exacte et les pratiques en place, vous pourriez faire l’objet de manipulations. C’est déjà arrivé au niveau national et pourrait bien se reproduire.

Mitchell Stevens, écrit dans son livre Kingdom of Children: Culture and Controversy in the Homeschooling Movement (Princeton Univ. Press, 2001) :

« Le 15 février 1994, la HSLDA (Home School Legal Defense Association) envoya par fax une « alerte d’action urgente » à tous ses contacts. L’alerte faxée prévenait le lecteur que la résolution HR6 contenait « un point qui peut vouloir dire que les parents instruisant leurs enfants à domicile doivent être des enseignants qualifiés… Ce qui équivaut à une interdiction effective pour 99% des homeschoolers »… En plus de la campagne de faxs et de mails, les lobbyistes de la HSLDA mobilisèrent soixante homeschoolers volontaires de la région de Washington afin de rencontrer personnellement tous les représentants au Capitole.

Pendant le weekend et la semaine éprouvante qui suivirent cette annonce, les unschoolers dans tout le pays firent difficilement face à l’avertissement de la HSLDA. Pour le meilleur ou pour le pire, la HSLDA avait créé un mouvement d’ampleur nationale que les unschoolers ne pouvaient ignorer.

Pat Farenga and Susannah Sheffer, administrateurs de Holt Associates et directeurs de publication/éditeurs de Growing Without Schooling, écrivirent dans une annonce publique sur la question : « Même en écartant les différentes interprétations de la résolution HR6, rien d’aussi radical ne se serait produit le 24 février », date à laquelle l’assemblée devait voter le projet de loi. Pat Farenga et Susannah Sheffer indiquèrent que le proposition de loi devait encore être présentée au Sénat et que de surcroît, les changements concernant la partie cruciale de la loi ne seraient pas censés avoir lieu avant 1998, donc… Il n’a jamais été question d’interdire le homeschooling immédiatement ». M. Kaseman de l’Association des Parents du Wisconsin (Wisconsin Parents Association, WPA) confirma que l’amendement Miller n’était pas si catastrophique…

C’est peut-être [Pat] Montgomery [fondateur de Clonlara School] qui résuma le mieux l’amendement Miller : « Est-ce une raison pour s’inquiéter ? Oui. Est-ce une raison pour paniquer ? Non ». Plus que la menace d’amendement, c’est le dommage politique causé aux homeschoolers par la stratégie des lobbyistes qui a été le plus problématique aux yeux des représentants du homeschooling. L’amendement en question ne représentait qu’une seule phrase dans un texte de loi, qui, une fois ratifié, contenait plus de 500 pages. Pourtant le fax initial de la HSLDA poussa les lecteurs à informer leur membre du congrès qu’ils étaient « opposés à la résolution HR6 » – l’entier projet de loi de financement plutôt qu’un simple amendement. On encouragea les homeschoolers à envoyer aux législateurs par téléphone ou par courrier des requêtes qui pouvaient être considérées comme superflues et nombre de représentants du homeschooling constatèrent avec inquiétude et colère que les instructions de la HSLDA étaient en train de ternir l’image des homeschoolers à Capitol Hill. »

Cette situation prit une tournure particulière quand les représentants du homeschooling mentionnés plus haut et d’autres associations telles que Home Education Magazine, The National Homeschool Association, the Moore Foundation, Islamic Homeschool Group of North America, Jewish Home Educator’s Network, et Latter-Day Saints Home Educators, se rassemblèrent pour trouver une solution au problème causé par la HSLDA. L’amendement Ford (du nom du parlementaire qui l’a présenté, William Ford, Représentant du Michigan) fut formulé en reprenant le texte de l’amendement Miller et en y insérant le mot « public » devant « établissement » et en précisant que les établissements privés et l’instruction en famille n’étaient pas concernés par la demande de qualification des enseignants. Cette coalition de divers représentants du homeschooling invita la HSLDA à soutenir cette proposition mais cette dernière souhaitait suivre son propre plan d’action : l’amendement Armey. Au final, les deux amendements furent votés. Mitchell Stevens en conclut :

« En fin de compte, il n’y avait plus de doute sur le fait que la HSLDA avait à la fois amorcé la crise et s’était appropriée tout le mérite de l’avoir résolue. Tout laisse à penser que cette législation ne fut considérée comme une affaire affectant le homeschooling que lorsque la HSLDA daigna la considérer comme telle. Le fait que plusieurs représentants du homeschooling soient plus dérangés par l’attitude de la HSLDA que par la résolution HR6 montra comment la HSLDA avait réussi à définir la situation de façon fondamentale, et ce même chez ses détracteurs.

Et bien sur, les croyants [la HSLDA] s’attribuèrent publiquement tout le mérite. Quand le Congressional Quarterly fit un article de deux pages sur la crise dans son édition du 26 février, il consacra des colonnes aux discours de la HSLDA. L’article ne mentionna ni la coalition des différents représentants du homeschooling ni la division entre les partisans de l’amendement Armey et ses opposants. »

A l’inverse de la HSLDA la coalition des représentants du homeschooling n’avait pas accès à la machine politique, ni à l’argent. Mais nous connaissions nos droits, nous avions compris les tenants et les aboutissants de cette loi et ce qu’elle aurait impliqué pour les homeschoolers. En restant calmes, factuels et raisonnables dans nos échanges avec les législateurs, nous avons eu une influence positive malgré l’hystérie générale causée par les déclarations de la HSLDA (qui alla même jusqu’à décrire l’amendement Miller comme une bombe nucléaire pour la communauté de homeschoolers).

Si l’attention des média peut être attirée par des actions sur le plan national, les problèmes les plus communs et flagrants surviennent au niveau local ou celui de l’État et attirent moins l’attention. Ils sont causés par des homeschoolers, connaissant mal les lois et/ou les réglementations concernant le homeschooling dans leur État, contactés par des représentants du système éducatif pour des demandes qui n’ont en fait aucun fondement légitime. Dans ces situations, les homeschoolers qui ne connaissent pas leurs droits sont des proies faciles qui se prêtent aux demandes administratives inutiles et aux tests, ou à qui l’accès à l’école ou aux ressources communautaires est refusé, comme l’inscription à un centre universitaire. Cela vient souvent d’un administrateur bien intentionné mais mal informé qui prend seul l’initiative d’une décision concernant un homeschooler sans consulter les textes et pratiques en vigueur. En juin 2012 par exemple, le recteur du Vermont envoya un courrier à tous les homeschoolers spécifiant que tous les parents devaient mettre à jour leur situation administrative avant Labor Day [fête du travail, 1er lundi de septembre aux USA]. Les homeschoolers qui connaissaient les réglementations manifestèrent leur désaccord car, bien que ces documents soient demandés par l’État, rien n’indique dans la réglementation qu’il y ait une date butoir pour le faire. Des mois plus tard, après que le recteur eut initialement défendu sa position, le Homeschool Vermont Group écrivit :

« Le recteur du Vermont, M. Vilaseca était présent à la réunion du State Board of Education (Conseil de l’Éducation) du 18 septembre 2012. Retta Dunlap et deux parents de homeschoolers adressèrent le conseil et le recteur pendant la séance de questions publiques. Après leurs commentaires, le recteur s’exprima longuement en expliquant comment il aimerait changer la réglementation du homeschooling et parla des erreurs qu’il avait commises dans son courrier du 23 juin 2012. »

Si les homeschoolers n’avaient pas connu leurs droits et la législation concernant le homeschooling au Vermont, on leur aurait imposé de nouvelles demandes administratives qui auraient pu devenir des pratiques courantes si elles n’avaient pas été stoppées. De plus, en imposant une date jusqu’à laquelle il est encore possible de déclarer le homeschooling, le Vermont voulait s’octroyer le droit de décider qui pourrait faire du homeschooling et quand. Souhaiteriez-vous garder votre enfant à l’école jusqu’à ce que l’État veuille bien vous autoriser à l’éduquer à la maison, ou préféreriez-vous le retirer aussi tôt que possible pour le sortir d’une situation où il n’apprend pas, où il est déprimé, voire harcelé ou autrement blessé par l’école ?

L’association des parents du Wisconsin (The Wisconsin Parents Association, WPA, (www.homeschooling-wpa.org) est un très bon exemple d’un groupe ouvert de représentants du homeschooling qui agit au niveau de l’État et qui reste vigilant quant aux changements de lois et de réglementations affectant le homeschooling. Elle surveille également les développements dans d’autres États et en septembre 2012, leur lettre d’information tire les leçons de la situation au Vermont :

  • La date à laquelle les homeschoolers déclarent qu’ils pratiquent l’I.E.F. ou qu’ils sont sur le point de le faire a beaucoup d’importance !

  • Même dans les États où les réglementations sont abusives, comme au Vermont, les représentants de l’école publique tenteront quand même d’accroître le contrôle qu’exerce l’État sur le homeschooling et ses réglementations.

  • Les attaques peuvent surprendre n’important quand. Il est important de travailler ensemble, de la base populaire à l’ensemble de la WPA, pour être prêts, conscients des développements et être en mesure d’y répondre rapidement.

  • La présence d’une organisation solide et qui sait se faire entendre au niveau de l’État, telle que la WPA, rend ces attaques moins probables.

Cependant l’enjeu est même plus important que cela. L’acceptation grandissante du homeschooling et l’augmentation sur le plan international du nombre qui le pratique provoquent des oppositions de la part des écoles et des gouvernements qui ne veulent pas que « des amateurs » éduquent leurs propres enfants ou qui craignent l’apparition de « sociétés parallèles » dans leur pays s’ils laissent la possibilité aux familles de sortir du système éducatif public. C’est le dur constat de la situation suédoise : lorsqu’en 2011, la Suède interdit l’I.E.F sauf en cas de « circonstances exceptionnelles », les raisons invoquées sont doubles : priver un enfant de l’instruction de grande qualité dispensée par des professionnels serait injuste et ne pas contraindre un enfant à aller à l’école publique, ciment qui unit la société, reviendrait à réduire le pays à une anarchie tribale. Les homeschoolers aux USA doivent avoir conscience de ces problématiques dans d’autres pays car le concept de l’école obligatoire en Amérique a été importé par Horace Mann et ses partisans qui venaient d’un autre pays européen, la Prusse (je ne peux m’empêcher de noter que le ciment social créé par le caractère obligatoire de l’armée et de l’école n’a pas préservé l’empire prussien).

En Allemagne l’instruction en famille est interdite depuis des années, on y recense de ce fait un certain nombre de familles pratiquant l’I.E.F. dans la clandestinité. Certaines famille se battent pour sensibiliser le public et organiser les homeschoolers allemands pour que l’I.E.F redevienne légale dans ce pays. En novembre 2012, la HSLDA organisa la Conférence Mondiale sur l’Instruction en Famille (Global Home Education Conference, GHEC 2012) à Berlin. L’événement fut controversé et boycotté par certaines associations populaires de défense du homeschooling qui avaient le sentiment que les problématiques locales étaient ignorées au profit d’un événement médiatique faisant la promotion d’une organisation mondiale émergente. Pour une meilleure vue d’ensemble sur les lois et réglementations en vigueur dans différents pays, vous pouvez vous référer à la page Wikipedia :

http://en.wikipedia.org/wiki/Homeschooling_international_status_and_statistics.

L’idée selon laquelle nous devons tous apprendre la même chose, en même temps, au même endroit, du même professeur, puis subir des tests standards qui classent nos performances publiquement nous accompagne depuis le milieu du 18ème siècle. C’est un modèle qui a fait ses preuves pour quelques élèves et pour de nombreuses personnes qui travaillent dans des écoles mais qui ne fonctionne pas pour tous les étudiants. En effet, ce modèle ne laisse pas la place à l’enseignement individualisé, aux écarts par rapport aux programmes scolaires (ou l’absence de référence aux programmes) et les différentes pédagogies et situations d’apprentissage qui sont utilisées par les homeschoolers : tous ces éléments constituent les libertés importantes que le homeschooling donne aux familles qui sont, elles, limitées par des réglementations inutiles.

De nouveaux développements sont également à l’origine d’une certaine confusion pour les écoles et les homeschoolers. Par exemple, certaines familles pensent être en I.E.F. lorsqu’elles inscrivent leur(s) enfant(s) dans des Charter Schools virtuelles [les Charter Schools sont des écoles laïques à gestion privée, au financement public, bénéficiant d’une grande autonomie dans l’enseignement et les programmes scolaires]. Au Wisconsin, la WPA décrit (dans sa lettre d’information #113 de septembre 2012) comment plusieurs districts [school district : l’équivalent de nos académies] annoncent « que les enfants en I.E.F. qui s’inscrivent dans leur école virtuelle peuvent bénéficier de certaines aides financières du district pour payer les frais de scolarité et continuer d’être en I.E.F. sans changement de statut. La Bridges Virtual Academy (BVA), à Merrill, illustre cette situation ». La WPA souligne le fait qu’un programme scolaire à caractère religieux ne sera pas utilisé par une école soutenue par l’État ; la responsabilité des « virtual Charter Schools » risque d’être mise en question par rapport à l’utilisation de fonds publics qui pourrait constituer une infraction au Premier Amendement qui établit le principe de séparation de l’Église et de l’État, entre autres. Mais le point le plus important reste le fait que ces programmes d’éducation n’ont rien à voir avec le homeschooling. (Les parents pratiquant l’I.E.F. assument la responsabilité de l’instruction et ne placent pas leurs enfants dans des écoles publiques.) Cependant, parce que ces organismes sont des établissements publics qui acceptent que les enfants étudient à la maison, certaines personnes présument qu’ils sont instruits en famille : ainsi la législation visant à augmenter le contrôle de ces programmes pourrait aussi conduire à une réglementation renforcée pour les homeschoolers. C’est en ce sens que de tels programmes représentent une menace pour la liberté de tous les homeschoolers au Wisconsin.

Les menaces qui guettent le homeschooling sont nombreuses mais en travaillant ensemble et en connaissant les textes de lois et les réglementations qui régissent le homeschooling, nous avons pu – et seront encore en mesure – d’y faire face efficacement.

Ces enfants qui vont à l’école… à la maison

Publié le 20/01/2014 dans L’UNION L’ARDENAIS

Par Mathieu LIVOREIL.

Parfois par idéologie, souvent par nécessité, des milliers de parents instruisent leurs enfants à domicile. Un apprentissage informel mais légal. À condition que l’enfant progresse.

Dans le salon aux murs fleuris de sa maison de Vouziers (Ardennes), Catherine Gérard s’autorise soudain un rire franc : «   Tout ça nous est tombé dessus. Je n’ai jamais rien eu contre l’Éducation nationale, moi ! » À ses côtés, son fils cadet, Kyllian, sourit timidement. En ce froid mercredi de novembre, le garçon fête ses douze ans. Voilà plus de trois ans qu’il n’est pas allé à l’école. Depuis « le 21 septembre 2010Tu te souviens de la date, non ? », demande la mère. Lorsqu’il est question de son institutrice de CM1, Kyllian s’essouffle vite :« Elle criait tout le temps… Pas sur moi, sur tout le monde : quand quelqu’un se mouchait, quand quelqu’un faisait tomber sa trousse sans faire exprès… » Sa mère complète : « Il ne dormait plus, c’était plus fort que lui… Il commençait à avoir les idées noires. » Le médecin de famille l’arrête de semaine en semaine. Avant qu’un psychiatre ne le dispense d’école pour « une durée indéterminée ».

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Ce lundi matin, Julia et Noelia n’iront pas à l’école, mais apprendront à la maison

La Voix du Nord – Article de David Laurence publié le 6 janvier 2014

L’Éducation nationale, sa mission, ses contradictions. Nombreuses, très nombreuses. Les devoirs à la maison, qui ne devraient plus être depuis longtemps, le cartable trop chargé, des programmes sans cesse modifiés, une notation toujours différente… Et puis son rythme. Ou plutôt ses rythmes. Revenus sur le devant de la scène avec la réforme, ouvrant plus largement le débat à la durée des vacances… Pour autant, ce n’est eu égard à cet enchevêtrement de paradoxes que Natalia et Alma-Pierre Brenders ont fait leur choix, à savoir celui d’éduquer leurs enfants à la maison. Rencontre.